Les soirées Libre Expression et les Ateliers


Soirée Libre Expression sur la réforme des retraites

A la veille de l’examen du projet de loi portant réforme des retraites à l’Assemblée Nationale, Martine Lignières-Cassou vous invite à un débat public :

le jeudi 2 septembre 2010  à 20h30

à Espaces Pluriels (Théâtre Saragosse) à Pau

En présence d’Alain Vidalies, Député des Landes, Vice-Président de la Commission des Lois à l’Assemblée Nationale, Secrétaire National au travail et à l’emploi au sein du Parti Socialiste

Politique du gouvernement concernant les personnes handicapées.

Madame Martine LIGNIERES-CASSOU sollicite l’attention de Madame la Secrétaire d’État aux aînés sur la politique du gouvernement concernant les personnes handicapées et/ou dépendantes. L’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ont été reconnus par la loi n°2005-102 du 11 février 2005 et par son article 13. Pourtant, les personnes handicapées et leurs associations s’inquiètent de l’absence d’un débat national sur cette question. Cette grande concertation permettrait de dissiper certaines interrogations quant aux enjeux du 5ème risque. En effet, la loi précedemment citée stipulait à ce titre qu’à compter de trois ans après son entrée en vigueur, la prestation de compensation sera étendue aux enfants handicapés, et qu’à compter de 5 ans, toute disposition opérant une distinction entre les personnes handicapées en fonction de critères d’âge en matière de compensation du handicap et de prise en charge des frais d’hébergement en établisssements sociaux et médico-sociaux serait supprimée. Or, il n’en est rien aujourd’hui. De plus, les orientations exprimées par Madame la Secrétaire d’Etat le 26 novembre dernier sur le 5ème risque sont une source d’inquiètude. En ce sens, la création d’une Allocation Unique Dégressive en lieu et place de l’Aide Personnalisée à l’Autonomie aura pour conséquence un accès plus sélectif et défavorable pour les classes moyennes. D’autre part, gager son patrimoine pour disposer de ce nouveau dispositif deviendrait obligatoire, ce qui n’est actuellement pas le cas avec l’APA. Ces évolutions révèlent un désengagement des pouvoirs publics et l’abandon d’une solidarité nationale au profit des assurances. Enfin, l’augmentation incessante des tarifs en établissement est inacceptable et la mise en oeuvre d’une politique de réduction du « reste à charge » pour les résidents et leurs familles ainsi qu’un financement à la hauteur des besoins d’aide à l’autonomie pour les personnes agées à domicile sont indispensables. Elle demande donc à la Secrétaire d’Etat des précisions sur ces différents points et l’invite à prendre des mesures concrètes et rapides en faveur des personnes handicapées et dépendantes.

Soirée Libre Expression: La République et ses territoires.

Chère Madame, Cher Monsieur,

Nous avons le plaisir de vous convier à la prochaine Soirée Libre-Expression sur le thème :

La République et ses territoires

Le jeudi 21 janvier 2010 à 20h45,

Salle Navarre du Parc des Expositions de Pau

En présence de Laurent DAVEZIES, Docteur en urbanisme, Professeur à l’Université Paris-Val de Marne. Ses travaux de recherche portent essentiellement sur les politiques régionales, les politiques urbaines et de développement économique local et les politiques financières publiques.

Dans son essai La République et ses territoires, la circulation invisible des richesses, (La République des Idées, Seuil 2008), Laurent DAVEZIES met en lumière un paradoxe de la mondialisation : Les régions les plus productives sont souvent celles où la population est la plus pauvre, et inversement.

Désormais, les dynamiques de développement et le bien-être social d’une région donnée ne dépendent plus de la richesse qu’elle produit et il se pourrait même que ces deux données soient inversement proportionnelles.

Pourquoi les régions dynamiques sont-elles rarement les plus heureuses ? La Côte d’Azur par exemple, dont la croissance est en berne accueille les revenus des plus riches alors qu’à l’inverse, l’Ile-de-France, fer de lance de l’économie française, reste la région où le revenu par habitant progresse le moins vite et où les bénéficiaires du RSA sont les plus nombreux.

La décentralisation est dans ce tableau sujet à inquiétude. L’autonomie et la compétition des territoires entre eux risquent fort de désorganiser le territoire plus que de l’optimiser.

Nous comptons sur votre présence pour débattre de ces questions et vous informons qu’une signature de l’essai de Monsieur Davezies aura lieu à l’issue du débat public.

Nous vous prions de croire, Chère Madame, Cher Monsieur en l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

Martine LIGNIERES-CASSOU André MARIETTE

Députée des Pyrénées-Atlantiques Député suppléant

Maire de Pau

Soirée Libre Expression sur le thème de la discimination et de la diversité culturelle

La prochaine Soirée Libre Expression se déroulera le mercredi 2 décembre prochain à 20H45 sur le thème:

Discriminations et diversité culturelle

A Espaces Pluriels (Théâtre de Saragosse)

17, avenue de Saragosse à Pau

En présence de Michel WIEVIORKA, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales(EHESS), Directeur du Centre d’analyse et d’intervention sociologiques et Président de l’Association Internationale de Sociologie. Il est l’auteur du rapport « La Diversité » commandé par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ed.Robert Laffont, 2008). Auteur de nombreux ouvrages sur l’antisémitisme et le racisme, il est également Président du Conseil scientifique du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN).

Le fiasco de la TVA à 5,5% dans la restauration.

La commission des finances du Sénat a voté lundi 23 novembre à l’unanimité le rétablissement du taux de TVA dans la restauration à 19,6%. Cette amendement a été rejeté en séance sur demande du gouvernement. Pourtant, l’avis des sénateurs commissaires aux finances était le bon.

Il y a peu, François Fillon nous assurait qu’il était à la tête d’un État en faillite. Pourtant, le gouvernement a instauré la baisse de la TVA à 5,5%, promesse qui date des années Chirac, de façon impromptue. Malgré les chiffres records de notre déficit pour l’année et de notre dette, c’est 3 milliards d’euros qui vont directement des caisses de l’État à celles des restaurateurs.

Quels sont les gains pour les Français de cette baisse de TVA?

- Une relance de la croissance par l’augmentation du pouvoir d’achat des français grâce à la baisse des prix? Les prix n’ont pas réellement baissé et si répercussion il y a, c’est à la marge.

- Davantage de création d’emplois dans le secteur, les restaurateurs se servant de leur marge accrue pour embaucher? là encore, aucune effet positif significatif n’a été constaté.

- A défaut d’emplois nouveaux, les salariés auraient pu constater une augmentation de leur salaire? Rien d’illogique quand on connait les grilles salariales scandaleuses pratiquées dans le secteur. Une fois de plus, pas de résultats.

Mais alors quels enseignements pouvons nous tirer de cette baisse de TVA?

Pour ma part, j’estime qu’elle s’inscrit dans une démarche clientéliste, et qui tombe au plus mauvais moment. Car ces 3 milliards d’euros de pertes nettes pour les recettes de l’Etat, de nombreux français auraient pu en profiter directement. Par exemple, l’État doit aux départements français à peu près 1,8 milliards d’euros au titre des transferts de ses politiques sociales (notamment le RMI et bientôt le RSA).

A chacun ses priorités…

Cordialement, Martine.

Compte-rendu de la Soirée Libre Expression: “La crise est-elle derrière nous?”

En présence de Jacques le CACHEUX, Directeur du département des études du Centre de Recherche en Economie de Sciences Po Paris, Professeur des Universités à l’UPPA, Economiste à l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE).

Introduction de Martine Lignières-Cassou :

Monsieur le Cacheux est avec nous ce soir pour débattre de la crise. Est t-elle derrière nous et se donne-t–on tous les moyens d’en sortir ?

La crise de 1929 a été elle aussi marquée par des embellies et des rémissions et il faut donc se garder de tout triomphalisme malgré les prévisions optimistes de la Banque de France, la hausse du PIB français et la reprise des exportations.

La reprise qui se dessinerait s’appuie grandement sur les efforts financiers consentis par les gouvernements des grandes puissances économiques mais des doutes subsistent quant à son ampleur et sa durabilité. Malgré les données optimistes de ces indicateurs économiques, le chômage ne cesse d’augmenter.

Selon Monsieur le Cacheux, nous aurions tort de penser que nous n’avons pas besoin de

réformes structurelles puisque les réponses qui sont actuellement apportées à la crise – les plans de relance – sont d’ordre conjoncturel et leur nature laisse présager des jours difficiles.

Ces réponses ne traitent que les conséquences à court terme, et non les causes profondes. Ces mesures n’ont pas empêché les nombreuses fermetures d’usine. Turboméca a annoncé le 30 septembre dernier, la fermeture des établissements de l’Hexagone pendant plusieurs jours en novembre puis en décembre. Exameca, a dû réduire son activité avant l’été.

Quelle est la nature exacte de la crise que nous traversons et va t-elle affecter durablement notre système ? A l’heure où l’on parle de reprise optimiste, quelles réponses peut-on apporter aux conséquences sociales de cette crise ? Quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

Intervention de Jacques le Cacheux

- La crise est-elle derrière nous ? Depuis un ou deux mois, les institutions financières officielles nous disent que l’orage est passé. Parallèlement, on est frappé par la différence de ton entre le G20 de Londres qui s’est tenu en avril dernier et le tout dernier G20 de Pittsburgh.

Certes, en Chine, le taux de croissance est à nouveau à la hausse grâce à la réouverture du crédit bancaire, mais cela ne change rien pour nous européens. Aux Etats-Unis où l’économie est très cyclique, le plan de relance a été massif : l’injection de liquidités est de l’ordre de 100 milliards de dollars, ce qui représente plusieurs points de PIB et fait que l’économie américaine tire bien son épingle du jeu.

En Europe, il faut être prudent : Certes, la bourse remonte et les banques font des profits mais c’est artificiel puisque c’est un cercle qui s’autoalimente.

- Les indicateurs : Il y a quelques mois, les indicateurs prévoyaient une croissance négative pour 2010 : de -0,2% à -0,3%. Celle-ci est aujourd’hui de +0,2%. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle car on est quand même à zéro ! Quand on arrête de tomber, cela ne veut pas dire que l’on remonte, nous assistons juste à un arrêt de la dégradation.

Il est à prévoir une hausse du chômage dans les années à venir. Cette hausse pèsera sur la consommation qui est le moteur de la croissance. Nos exportations, dans l’aéronautique

notamment, sont anémiques et c’est le système des exportations tout entier qui risque de

flancher. Non, la crise n’est pas derrière nous.

- Les plans de relance : Ils ont été efficaces selon Monsieur le Cacheux. On a enrayé le processus qui, sans plans de relance massifs, aurait été catastrophique. On a évité la déflation. Les conséquences sociales sont moins graves qu’en 1929. Les Gouvernements et les banques centrales ont eu les bons réflexes.

Cependant, l’action des gouvernements a été timide. On a soigné les symptômes et les conséquences à court terme. Des politiques plus structurelles ne seront pas mises en place tout de suite contrairement à ce qui avait été annoncé lors du G20 de Londres (les souhaits de renforcement du FMI ou la lutte contre les paradis fiscaux ont été traités de manière homéopathique).

Le risque est réel pour que l’on retombe dans une autre crise, tous les ingrédients sont là, comme dans les précédentes crises : En 2000-2001, aux Etats-Unis, la crise de la bulle internet avait été suivie d’une croissance très rapide avant de retomber dans la crise des subprimes.

Il n’y a pas en Europe de politique budgétaire coordonnée. La Banque Centrale Européenne a montré toutes ses limites en étant peu réactive : Ses taux d’intérêt n’ont pas cessé d’augmenter jusqu’en juillet 2008. Il a fallu attendre octobre 2008 pour qu’elle baisse ses taux. Le cours des choses reprend comme il était avant la crise: Les banques envisagent de distribuer 140 milliards nets de rémunérations, les bonus aux traders sont toujours aussi énormes. La seule différence est que désormais il n’y a plus que des grosses banques (moins nombreuses) et que si l’une tombe à nouveau, toutes tomberont.

Quelle est la nature de la crise que nous traversons ? A l’origine, il y a la crise des subprimes aux Etats-Unis. Les gens modestes se sont endettés et n’ont plus pu rembourser. Cette crise s’est étendue au milieu financier puis au monde entier. Cette crise a démontré la fragilité du système et l’interdépendance entre les différentes régions du monde. Le milieu financier avait pourtant une certaine autonomie or, en l’absence de crédit – si l’on supprime le risque donc,- on tue le dynamisme de l’économie. A partir de ce postulat, quatre questions se posent :

1) Comment contrôler prudemment les risques et éviter leur propagation ?

On n’a pas fait grand chose pour la régulation financière, c’est-à-dire pour :

- concilier un système d’endettement avec une relative stabilité de l’ensemble,

- imposer des règles aux banques (transparence, limite aux prises de risque, autonomie)

- recloisonner le système afin d’éviter l’interdépendance des banques

2) Sur quoi peut reposer le dynamisme économique ?

L’on demande aujourd’hui une économie plus résiliente, c’est-à-dire en capacité de surmonter rapidement les chocs et les perturbations. Les systèmes sociaux favorisent cette résilience : L’extension massive de la pauvreté est moindre par rapport à celle qui avait accompagnée la crise des années 30. L’une des causes profondes de la crise est la baisse du pouvoir d’achat. Au cours des 20 dernières années, il y a eu un creusement énorme des inégalités de richesse. 5% de la population s’est enrichie tandis que les revenus des autres sont restés stables voire se sont appauvris. La consommation a forcément baissé et les inégalités ont même été encouragées par le système fiscal. Le modèle social européen est écorné depuis 10 ans, en France moins qu’ailleurs.

3) Quid des finances publiques ?

En France, le projet de loi de finances 2010, c’est-à-dire le budget de l’Etat est construit sur une hypothèse de croissance de +0,75%. La dette publique à la fin 2010 sera égale à 85% du P.I.B (220% au Japon). On va vivre dans un monde où les dettes publiques seront plus élevées que jamais. Est-ce un handicap ?

Non, en situation de crise et même pour l’avenir. Certes, la dette publique est une contrainte dans la gestion des politiques budgétaires et c’est un poste de dépenses incompressible mais c’est avant tout un problème de répartition à l’intérieur du Pays concerné. Si un jour la croissance remonte, la dette publique se résorbera. En 1990, la dette publique se réduisait tellement aux Etats-Unis sous Clinton, que cela affolait tout le monde.

4) Quel type de croissance veut-on ?

Si la reprise est de la même nature que les reprises précédentes, la prochaine crise va revenir très vite.

A la suite de la crise des années 2000, la croissance a fait un bond énorme en ce qui concerne les matières premières (pétrole, matières premières issues de l’agriculture). Même si la réactivité des marchés agricoles est bien moins forte que celle des autres marchés, le prix des matières premières va s’envoler et l’inflation cassera la reprise. Aujourd’hui, l’offre est abondante car on ne consomme pas mais rien n’est cependant résolu et l’on peut retomber dans 2 ou 3 ans. Quel sentier de croissance pour l’après crise ? Quelle est la direction la plus favorable et la moins gourmande en matières premières ? En décembre prochain se déroulera le sommet de Copenhague sur le climat. Les trente dernières années représentent à elles seules 30% du stock de Co2 émis depuis le début de l’ère industrielle. Se dirige t-on vers une croissance « verte » ? Une conversion carbone ? S’il y a une vraie volonté politique, on peut entamer un nouveau cycle de croissance de nature différente. Selon Monsieur le Cacheux, en détruisant (au sens propre) le stock de capital productif (logements, infrastructures…) et en le reconstruisant avec une basse intensité carbone, cela aurait un effet dynamisant sur l’emploi et donc, sur la consommation.

DEBAT AVEC LA SALLE

Q : Pourquoi renflouer les banques ? N’est-ce pas une prime à l’escroquerie ?

R : Nous vivons dans une économie bancarisée ; nous dépendons tous des banques car nous avons des dépôts. Toutes les transactions sont réglées par l’intermédiaire des banques. Si ce système de paiement s’arrête, l’économie s’arrête. C’est ainsi que nous avons développé l’économie moderne.

Q : Qu’en est-il des produits toxiques différés ?

R : En raison du rachat d’entreprises par des entreprises financées par les banques on peut penser qu’il y a dans les bilans des banques, des bombes à retardement. Notamment dans l’immobiliser aux Etats-Unis : on a décrété un moratoire sur les subprimes mais que se passerat- il après ? Nous avons là les germes de la prochaine crise bancaire. La volatilité des prix de l’énergie est un danger. Une hausse possible des prix du pétrole pourrait casser la reprise.

Q : Quel avenir pour la taxe Carbone?

R : Aujourd’hui il y a un vrai danger que l’on en reste au niveau du discours. L’Europe se réjouit de son plan énergie climat or, en réalité, il n’y a rien ! Barack Obama a présenté un plan insignifiant devant le Congrès et ne parvient même pas à le faire passer. Le risque est réel que la Conférence de Copenhague ne débouche sur rien sauf sur des déclarations généreuses.

Q : Le discours des gouvernants sur la dette est un prétexte pour justifier le recul des services publics sur les territoires?

R : Le discours sur la dette sert de prétexte pour justifier des coupes dans les dépenses publiques. Par ailleurs le niveau de la dette s’explique largement par les baisses d’impôts décidées par les gouvernements Villepin et Fillon.

Q : Qu’en est-il de l’Afrique ?

R : L’Afrique est dépendante de ses relations avec le reste du monde. Elle souffre davantage et part d’un niveau plus bas. Son économie dépend du cours des matières premières. A court terme la seule perspective pour l’Afrique serait une hausse du cours des matières premières, une hausse qui aurait des effets économiques négatifs pour la majorité des autres pays.

Q : Jean-Yves LALANNE, maire de Billère : Il y a un problème de redistribution des richesses, et de répartition Nord-Sud (il faut annuler la dette de ces pays). Il faut augmenter les salaires. Les Etats doivent avoir des outils de régulation. Il faut remettre au goût du jour les pôles publics (énergie, banque …).

R : Il faut de la volonté politique dans l’action. Il faut accepter l’idée de reconstruire le secteur public, d’une manière différente de ce qui a été fait avant. Il faut redonner des moyens à l’Etat. On pourrait aujourd’hui facilement monter un secteur financier public autour de la Caisse des dépôts qui orienterait l’argent des ménages vers la croissance dite verte. Ces instruments existent, ils ne peuvent fonctionner comme les institutions privées contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Un instrument pour modifier le rapport salaires-profit serait la planification indicative à la française.

Q : Quelles conséquences de la taxe carbone pour les plus modestes ?

R : Il faut aider à la conversion et mettre en place une politique volontariste pour les transports en commun. De facto quand l’essence augmente on remarque que les gens utilisent moins la voiture.

Q : Qu’en est-il du grand emprunt ?

R : Le grand emprunt semble « partir dans le décor ». Il faut des décisions politiques courageuses. Nous sommes dans un contexte économique de grande interdépendance. Si les prix de l’énergie et du carbone augmentent jusqu’à peser sur le prix des transports, l’interdépendance va diminuer.

Les soirées Libre Expression

Nous avons le plaisir de vous convier, avec André Mariette, à la prochaine Soirée Libre Expression, sur le thème:

« La crise est-elle derrière nous? »

Le jeudi 15 octobre 2009 à 20H45, Au Théâtre du Monte-Charge à PAU (rue Rivarès)

En présence de Jacques Le Cacheux, Directeur du département des études du Centre de Recherche en Economie de Sciences Po Paris et Professeur des Universités à l’UPPA.

Quelle est la nature exacte de la crise que nous traversons et va t-elle affecter durablement notre système? Crises banale, celle d’une fin de cycle ou crise profonde, celle du système financier, ou crise systémique atteignant l’ensemble du système financier, économique et social?

Une fresque symbole d’humanisme

Samedi 5 septembre à l’invitation du maire de Billère j’ai pris part à l’inauguration d’une fresque murale en mémoire des familles de réfugiés politiques expulsés de France vers des pays où leur sécurité est menacée.

Au-delà de nos différences, au-delà de nos organisations ou de nos fonctions, avant toute chose nous sommes des citoyens. Avant toute chose nous sommes des êtres humains.

L’inauguration de cette fresque a été l’occasion de manifester, élus, associatifs, citoyens, notre soutien et notre solidarité à l’égard de ces familles Abrahamian, Rrusta, Seylejmany et tant d’autres, trop d’autres, forcées de quitter le territoire français dans des conditions atroces.

C’est encore pire lorsqu’il s’agit d’enfants, de personnes fragiles à qui la République devrait au contraire apporter son assistance et donner les moyens de bâtir leur vie.

Mais il n’y a pas que des réfugiés. Combien de vies brisées par la machine administrative et l’infernale logique des chiffres ! Je pense par exemple à Sitti, Liouize, Irradatie, ces trois jeunes filles étudiantes à Pau sont actuellement expulsables vers les Comores, un pays qu’elles ont quitté à l’âge de deux ans et où elles n’ont aucune attache.

J’ai à plusieurs reprise eu l’occasion d’interpeler le préfet, le gouvernement, le Président de la République sur ces situations humaines dramatiques. Mais rien n’y a fait. A chaque fois les évènements s’enchaînent et il est déjà trop tard.

Alors il est important de marquer solennellement notre indignation et notre refus de ces pratiques qui n’ont pas leur place dans notre Etat de droit. Car la parole publique ne suffit pas mais elle est importante. Voilà pourquoi nous nous sommes réunis : pour exprimer notre humanité et pour marquer notre soutien à ces familles.

Des activistes d’extrême droite ont tenté de perturber cette cérémonie. Je suis consternée et inquiète de cette résurgence de haine. Mais malgré ces manifestations de xénophobie et de repli sur soi, je maintiens le cap. Ce n’est pas ce que je veux retenir de cette cérémonie qui a eu lieu dans le respect dans l’humanité.

Nous n’oublions pas ces familles. N’oublions pas non plus les autres. Cette fresque nous rappelle leurs destins. Leur souvenir est inscrit dans notre mémoire comme il est inscrit sur ce mur.

Cette fresque nous rappelle notre devoir de résistante et d’humanité.

Je la vois aussi comme un témoignage de l’engagement de ceux qui se battent pour un monde un peu plus humain.

A ce titre, je salue la mémoire de Jean-Marie Mong, président du comité Gaston Phoebus qui nous a quitté récemment.

Nous poursuivrons son combat. Nous gardons intact notre indignation.

Nous gardons intacte notre envie de changer, ensemble, les choses.

Cordialement, Martine.

Conférence-débat: Quel avenir pour l’école de nos enfants ?

Compte-rendu de Maïté GAUTIER

Avec Evelyne Charmeux

Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégée de grammaire Professeur honoraire de l’I.U.F.M. de Toulouse, associée à l’I.N.R.D.P. auteur de nombreux ouvrages et articles de pédagogie

Cheval de bataille : la lecture

Intervention d’Evelyne Charmeux

L’école va mal. Au-delà des grandes inquiétudes suscitées par des mesures spectaculaires comme la suppression des postes, et qui rendent moins visibles les aspects pédagogiques des réformes il existe des stratégies nuisibles qui tendent à opposer parents et enseignants.

Les nouveaux programmes en sont l’illustration. Ils n’ont pas évolué par rapport à ceux de 1923 et 1938. Le raisonnement en est exclu. Ils formeront une génération d’adultes qui ne comprendra pas le monde qui les entoure et qui, de ce fait, n’aura pas accès à la connaissance et qui dit non accès au savoir dit perte de pouvoir et donc danger pour la démocratie. Tout programme est un texte politique.

Voici, pour moi, les convictions sur lesquelles on ne peut transiger :

  1. L’école doit apporter à tous ce que la famille apporte à quelques-uns par exemple la culture, elle aussi absente des nouveaux programmes.

  2. Il n’y a aucun fatalisme social, l’injustice sociale n’entraîne pas automatiquement l’échec scolaire.

  3. Un enfant est un sujet pas un objet.

  4. Tous les enfants ont des savoirs qu’il faut prendre en compte pour les amener vers les attentes institutionnelles. Un mauvais élève est un élève dont l’école méprise et ignore les savoirs car un enfant apprend mieux lorsqu’il a l’impression de savoir « un peu ». L’école doit donc apporter suffisamment pour rendre l’enfant curieux.

  5. Il faut donner aux enfants de vraies graines à moudre et non du sable en travaillant sur du vrai, de l’ambitieux, du valorisant. « un enfant ça s’élève » (sans jeux de mots). Les enfants aiment travailler.

  6. Les enfants doivent se tromper pour apprendre. Il faut chercher, se heurter aux difficultés. Les bons élèves sont sous alimentés et s’appauvrissent.

Voici maintenant quelques principes éducatifs :

  1. L’enfant est une personne que l’on ne peut contraindre sans heurter le principe du respect dû à toute personne humaine.

  2. Il faut donc « motiver » l’enfant c’est à dire transformer son envie (qui est du domaine affectif) en projet intellectuel. Il ne s’agit pas de supprimer les contraintes mais faire qu’elles viennent de l’intérieur. Etre motivé c’est vouloir librement des choses dont on n’a pas envie parce que l’on sait, grâce à notre intelligence, que l’on en a besoin. C’est le plaisir différé. « Personne n’a envie d’apprendre » a dit Philippe Mérieu. C’est pourquoi il faut faire découvrir à quoi cela sert : on ne peut pas savoir si l’on n’apprend pas or le savoir donne le pouvoir, pouvoir nécessaire pour être libre. L’école, comme on l’a déjà vu, doit donner le pouvoir.

  3. Tous les enfants, avec leur expérience vécue, ont construit des savoirs et doivent prendre appui sur ces savoirs qui n’ont rien de simple. Il faut donc partir du complexe et ne pas confondre simplicité et facilité. Le simple, parce qu’il est abstrait et n’existe pas dans la réalité, est toujours difficile. Exemple : l’apprentissage de la lecture, le réduire à l’apprentissage par les lettres est dangereux car ainsi on empêche les enfants de comprendre. (cet apprentissage de la lecture demanderait un débat important car, à mon sens, on touche là à l’essentiel).

  4. Acquérir des savoirs c’est avoir construit des outils de pensée qui permettent de comprendre le monde qui nous entoure. L’enfant doit donc analyser la complexité et construit alors des notions simples et abstraites.

  5. Apprendre consiste non pas à empiler mais à mettre en relation des éléments d’où un travail de comparaison. On n’analyse que si l’on compare et on ne peut comparer que si on analyse. On construit par comparaison.

  6. La formation morale ne s’acquiert que par l’exemple et un des exemples doit consister à apprendre à travailler ensemble. Toute situation d’apprentissage doit se faire en groupe. Il faut provoquer des situations où cela se produit. La mise en place de travail de groupe avec animateur, régulation etc… nécessite de la part de l’enseignant des connaissances spécifiques.

Questions-réponses

  1. Formation des enseignants ? : la disparition des I.U.F.M. est programmée.

  2. Elèves en difficulté et aide personnalisée ? : un vrai problème, il ne faut pas « servir un plat de lentilles à un élève qui n’aime pas les lentilles ».

  3. Devoirs ? : pas de devoirs à la maison, la relation parents-enfants doit être affective et non pédagogique, ludique, culturelle (lecture, recherches…).

  4. Evaluation ? : elle doit être rare (après un apprentissage), précise, prévue, joyeuse et être à l’origine d’un nouveau travail.

  5. Punition ? : ne jamais punir un enfant qui a eu une mauvaise note, il risque de s’installer dans l ‘échec.

Compte-rendu de la Soirée Libre Expression « Les enjeux de la mobilité » Lescar 30 mars 2009

En présence de Jean VIARD, directeur de recherches CNRS au CEVIPOF, Centre de recherches politiques de Sciences Po. Diplômé en économie (DES, Aix-en-Provence), docteur en sociologie (EHESS, Paris)

Monsieur VIARD est également conseiller municipal à Marseille et vice-président de la communauté urbaine de Marseille.

Être sociologue, c’est raconter le changement avec un oeil différent et décalé pour faire réagir. Il faut également être provocateur pour rappeler le réel au politique.

Quelques moyennes :

Nous consacrons 45km par jour à nos déplacements contre 5km par jour dans les années 50 : un tiers pour les vacances, moins d’un tiers pour le travail et le reste pour l’éducation, la consommation et les loisirs.

Deux tiers des français sont à moins de 3h de Paris, grâce au TGV – et au Jacobinisme -: On met moins de temps pour aller de Lille à Paris que de la banlieue parisienne à Paris. Il y a une France TGV et une France hors TGV. Nous passons 700 000 heures à vivre et 63 0000 au travail. Le travail constitue donc 10% de notre vie.

Chaque jour, nous gagnons 3h d’espérance de vie et nous avons gagné 25 ans d’espérance de vie en un siècle.

40% d’entre nous s’occupent du corps de l’autre (l’éduque, le divertit et le soigne) et il en faudrait plus pour que nous nous occupions correctement de la petite enfance et des personnes âgées.

Or, nous sommes dans une société extrêmement réfractaire à tout changement ce qui est paradoxal puisque nous sommes dans une ère où les mutations technologiques n’ont jamais été aussi rapides, où tous les 7 ans les brevets scientifiques déposés doublent.

Nous ne sommes cependant pas en rupture mais dans une nouvelle répartition des choses :

Deux exemples :

-61% des électeurs ne travaillent pas dans la commune où ils votent. Ce qu’ils veulent là où ils dorment, c’est le calme et la sécurité et pas forcément des projets de développement. Quelle est la bonne échelle du territoire politique quand on sait que les gens aisés habitent dans les communes périphériques autour des villes, là où ils votent ? La ville est ainsi « décalée ».

-Culturellement, le monde paysan est celui qui évolue le moins vite et pourtant, ce sont eux qui ont connu des mutations technologiques les plus rapides, en terme d’équipements par exemple.

Le Temps :

Aujourd’hui, nos vies sont donc plus longues et le temps passé à travailler plus court. Nous vivons 700 000h contre 600 000h en 1945 et 500 000h avant 1914. Avant 1914, nous consacrions 200 000h à travailler, 200 000 à dormir et 100 000h pour le reste.

Aujourd’hui, on dort encore 200 000h, étudions 30 000h et travaillons 70 000h, nous disposons de 400 000h de temps libre.

Lorsque nous serons 9 milliards sur Terre (2050), c’est parce que l’on vivra de plus en plus vieux et non parce qu’il y aura plus de naissances (aujourd’hui, naissances en baisse inquiétante au Japon et en Italie notamment).

Dans une ville, le travail représente 8 à 12% du temps collectif, le reste est constitué de loisirs et de silence. Nous ne sommes pas en crise de lien social puisque nous avons le temps, mais il faut savoir qu’aujourd’hui, la moitié du temps libre (100 000h) est consacré à la télévision !

Nous assistons à un éclatement du temps où notre vie est structurée par des aventures, car discontinue :

Notre vie est de plus en plus longue et nous la vivons à toute vitesse, c’est la société de la mobilité : les couples durent 8 ans en moyenne, 57% des naissances se font hors mariage et il y a de plus en plus de célibataires. A Paris, 50% des gens vivent seuls, à Marseille un peu moins.

Le temps est aujourd’hui différent dans sa nature : Avant, le temps appartenait à Dieu, puis le temps a appartenu au travail (la Révolution Française a supprimé tous les jours fériés jusqu’en 1906 – on travaillait alors tous les jours de sa vie). Aujourd’hui, le temps est à nous, nous nous le sommes appropriés et l’avons privatisé. Alors que j’ai du temps, je n’accepte plus d’être dans une file d’attente à la caisse d’un supermarché.

Sans dépenser un centime, on peut faire plein de choses de son temps libre. Celui-ci est tout de même principalement consacré aux vacances et à la télévision où le travail est masqué (Les personnes qui travaillent dans les clubs de vacances sont de gentils organisateurs et ceux par lesquels une émission ou un programme existent -les techniciens -n’apparaissent pas).

Depuis la guerre, on a appris de nouveaux liens et lieux sociaux pour nos loisirs : le camping, les copains de vacances, un moment de convivialité autour d’un barbecue… C’est une société de l’affectif qui constitue les 2/3 de nos rapports sociaux.

L’Espace :

En 10 ans, 4 millions de français se sont rapprochés de la mer. Chaque année, 50 000 retraités parisiens partent dans une région aimée, remplacés par des gens qui viennent de loin. Il y a toujours le même nombre d’habitants à Paris mais la population change.

L’exode rural a commencé après 1870 et s’est terminé en 2000.A la fin du XIXème siècle, l’image de la campagne était très négative et l’on se disait que par delà la campagne, ça ne pouvait qu’être mieux. C’est ainsi que 3 millions d’agriculteurs ont quitté la campagne pour aller travailler dans les usines.

Depuis 1970, la campagne symbolise la beauté et la liberté qui n’est pas une liberté politique mais individuelle.

Dans notre société, la valeur « temps libre » est la plus importante avec le travail et la famille. Aujourd’hui, l’idéal des gens est de se réaliser dans leur travail alors qu’en 1900, le rêve était d’être rentier ! Nos liens sociaux sont structurés par le travail et nous avons privatisé notre temps libre : les 2/3 du temps consistent à consommer et à faire du lien social pour 70% de la population.

Que faire des 30% de la population qui restent en marge ? Comment inventer un nouveau commun et le démocratiser ? Nous sommes dans une société du bonheur privé et du malheur public.

La ville moderne n’est pas la ville historique ou politique. Les choix de vie remettent en cause la notion traditionnelle de distance: Les temps sociaux et leurs usages évoluent et influent sur nos usages spatiaux et sur l’étalement urbain, nous rendant de moins en moins sensibles aux distances, et de plus en plus sensibles à la précision des durées de déplacements. Pour qui habite la ville, les services doivent être accessibles très vite.

Aujourd’hui, les jeunes passent de moins en moins le permis de conduire. Dans les années 60/70, c’était la liberté, aujourd’hui c’est ringard !

En conclusion, ce qui fait la ville, c’est la possibilité aléatoire de se rencontrer (travail, amitié, loisirs…) pour les actifs, les jeunes, les retraités. Le défi principal reste bien celui posé par la privatisation du lien social. Comment relier la partie mobile de la société à ses pans restés sédentaires par la pauvreté ? (Rappelons que tout est pensé pour les ménages qui travaillent 2×35h – la vraie pauvreté est là où il n’y a qu’un seul revenu-).

Comment la gauche, qui est un parti de proximité au pouvoir (communes, départements, régions), va apprendre à faire avec ces questions identitaires ? Les électeurs étant avant tout des acteurs du temps libre, que proposer à ceux qui ne disposent pas de l’autonomie et qui sont dans la souffrance et dans le rejet ? Comment inventer un nouveau commun, démocratiser la mobilité et ainsi donner un droit aux générations futures ?

Soirée Libre Expression autour sur les enjeux de la mobilité le 30 mars 2009.

Pour retrouvez le programme et les informations sur la prochaine Soirée Libre Expression, téléchargez le lien ci-dessous:

Invitation à la Soirée Libre Expression sur les enjeux de la mobilité du 30 mars 2009.

Compte rendu de la soirée libre expression sur le grenelle de l’environnement.

Compte-rendu de la Soirée Libre Expression sur le thème du Grenelle II

Billère 26 janvier 2009

En présence de Philippe TOURTELIER, Député de Rennes,

Membre de la commission des Affaires économiques, de l’environnement et du territoire.

Introduction de Martine Lignières-Cassou :

Philippe Tourtelier a été Président du Pays de Rennes au début des années 2000. Les deux élus se sont rencontrés à cette époque, lorsqu’il était question de la création du Pays du Grand Pau car Pau ressemble à Rennes en terme de Pays.

En 2002, Philippe Tourtelier a été élu député de Rennes.

Philippe Tourtelier et Martine Lignières-Cassou ont travaillé ensemble au sein de la mission parlementaire sur l’effet de serre en 2006 dans le cadre de laquelle ils ont effectué un déplacement en Inde.

Actuellement, Philippe Tourtelier suit la question du Grenelle au sein du groupe socialiste de l’Assemblée Nationale.

Le texte du Grenelle I a été adopté en 1ère lecture par l’Assemblée Nationale au mois d’octobre 2008, il n’a pas encore été adopté par le Sénat. Le groupe socialiste de l’Assemblée Nationale a voté ce texte car :

  • il y a urgence en matière de climat,

  • la biodiversité subit des pertes à cause de l’homme,

  • la démarche du Grenelle est collective, ce texte a été préparé avec les partenaires sociaux (associations, industriels et politiques).

  • sur le fond, la question du Grenelle pose la question du modèle de développement économique : Nous arrivons au bout de l’exploitation des richesses naturelles mais l’écologie est source d’emplois nouveaux.

Sur ces principes, le Grenelle I a été voté quasi unanimement. C’est un texte d’intentions. En matière de transports, il prévoit de doubler le réseau des lignes à grande vitesse (2000 km supplémentaires d’ici à 2020) et de développer des voies en site propre sur 1500km.

Le Grenelle II n’est pas encore à l’ordre du jour à l’Assemblée Nationale.

La prise en compte écologique ne risque-t-elle pas de passer au second plan à cause de la crise économique ? C’est ce que n’ont pas manqué de relever les participants à la conférence de Poznan (14ème conférence sur le climat des Nations unies) en décembre dernier où la crise financière était l’invitée de dernière minute de cette réunion mondiale cruciale.

Intervention de Philippe Tourtelier

1) Le contexte du Grenelle

La dynamique née du Grenelle est maintenant en train de plafonner. Faut-il voir dans le départ récent de Nathalie Kosciusko-Morizet du Secrétariat d’Etat à l’Ecologie, un signe inquiétant ?

Le Grenelle II est « imbuvable », très technique principalement constitué de réformes des codes de l’urbanisme et de l’environnement. Le Grenelle III qui est un projet de loi de finances est, quant à lui virtuel, puisque non budgété.

Remontons à la dernière campagne présidentielle : Nicolas Hulot sensibilise les présidentiables à l’environnement avec son pacte écologique. 8 jours après son élection, Nicolas Sarkozy lance le Grenelle et crée le Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire. Battu aux élections législatives, Alain Juppé est remplacé par Jean-Louis Borloo qui épouse peu à peu la cause écologique.

Voter le Grenelle I, c’était aussi soutenir Jean-Louis Borloo, Ministre d’Etat, pour les arbitrages face au Gouvernement.

2) Points positifs et négatifs du Grenelle

Points positifs :

La gouvernance : C’était une première que de réunir l’Etat, les élus, les associations, les syndicats et les entreprises autour d’une table, dans le but d’enrichir un projet.

La méthode : Les discussions du Grenelle ont permis de renouer le dialogue entre des personnes que tout oppose (associations de préservation de la nature et chasseurs par exemple).

Points négatifs :

Exclusion dans le Grenelle, de tout ce qui concerne le nucléaire. Il n’y a eu aucun véritable débat sur l’énergie. Volonté politique ? Nicolas Sarkozy fait construire un 2ème EPR (réacteur pressurisé européen) sans concertation.

Il y a eu des problèmes de consensus au sein des groupes de travail et les parlementaires étaient peu représentés.

Un groupe de travail sur la question des OGM a été animé par le Sénateur Legrand. Alors que les conclusions du Grenelle de l’environnement mentionnaient « le libre choix de produire et consommer sans OGM », le projet de loi sur les OGM mettait en avant « la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM » !

Alors que Jean-Louis Borloo avait prévu de soumettre au Parlement les trois lois Grenelle en même temps, seule Grenelle I a été examinée par les députés à partir de septembre 2008. On peut regretter que la loi qui a été votée soit « une vague loi d’orientation » alors que la première version de Grenelle I était pourtant une loi-programme (finances et calendrier très précis).

Toutefois, les enjeux étaient tellement importants que le groupe socialiste de l’Assemblée Nationale, en votant ce texte, a voulu envoyer un message fort.

En décembre 2008, sous la Présidence Française de l’Union Européenne, Jean-Louis Borloo a présenté le paquet climat/énergie au Parlement Européen. Les députés européens ont adopté le paquet climat/énergie qui vise à assurer que l’Union Européenne réalisera ses objectifs climatiques d’ici 2020 :

- une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre,

- une amélioration de 20% de l’efficacité énergétique,

- une part de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie de l’Union Européenne.

2) Les enjeux :

Il y a une partie sociale dans le développement durable : en cas de crise écologique, ce sont les plus modestes qui sont touchés. Pour une sensibilisation de toute la population, une grande majorité de députés a voté le Grenelle pour montrer l’exemple, en quelque sorte.

Le développement durable, tel qu’il répond à la définition du rapport Brundtland (1987) est :

« Un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion :

- Le concept de besoins, et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d’accorder la plus grande priorité,

- L’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »

Les termes « Développement » et « Durable » ne sont pas antithétiques. En effet il ne faut pas confondre développement, à connotation qualitative, et croissance, à connotation quantitative.

Le progrès devient ainsi qualitatif, alors que dans un système purement économique, un système de production égale capital/travail. Le développement durable nous amène à un changement de société. Par exemple, une taxe carbone pourrait être instaurée et les revenus de cette taxe permettraient de réduire les charges sociales qui pèsent sur le travail.

Les défenseurs du Grenelle sont cependant inquiets car :

- A l’échelle française il y a des contradictions gouvernementales : malgré le Grenelle, il a été décidé la construction d’un 2ème EPR sans concertation. Avant chaque grande réforme, l’impact sur l’environnement (bilan carbone par exemple) devrait être regardé (réformes judiciaire, hospitalière, travail le dimanche…),

- A l’échelle européenne, aucune décision n’est prise concernant les OGM,

- A l’échelle mondiale, la conférence de Poznan n’a pas été satisfaisante.

Débat avec l’assistance :parmi les questions évoquées

On n’est pas obligé d’attendre que tous les volets du Grenelle soient votés, les collectivités (Conseils Régionaux, Conseils Généraux, Intercommunalités, Mairies) peuvent prendre des décisions en matière d’environnement.

Philippe Tourtelier : L’agglomération rennaise a mis en place une charte avec les jardineries locales concernant la limitation des pesticides et les phytopharmaceutiques.

Martine Lignières-Cassou : En termes de développement durable, les fondamentaux sont les déplacements et la politique énergétique. Localement, l’extension des transports en commun par exemple, doit être pensée au-delà du périmètre de la communauté d’agglomération de Pau. Qui couvrirait financièrement l’extension au-delà de l’agglomération ? Ce sont des financements énormes. Si les collectivités ne sont pas accompagnées, elles ne peuvent pas !

Quid des effets positifs du réchauffement climatique ?

Philippe Tourtelier : C’est certainement la question que se posent actuellement les pays (Alaska, USA, Russie) qui ont des vues sur les nouveaux territoires qui émergent, suite à la fonte de l’Arctique. Il devrait bientôt être possible de relier le Pacifique à l’Atlantique en passant entre des îles canadiennes. Mais ne nous méprenons pas ! Ce ne sont pas les pays les moins riches qui s’intéressent à ces nouvelles voies et qui pourraient bénéficier d’éventuelles ressources exploitables.

Le réchauffement climatique est dû à 95% à l’homme. Il induit aussi une étendue des zones de sécheresse dans les pays les plus pauvres. C’est toujours pareil, ce sont d’abord les pays du Sud qui paieront les conséquences du changement climatique ! Une transition comme celle-là est impossible à gérer si l’on n’a pas rétabli un minimum d’équité sociale (risque de guerre de l’eau).

L’introduction du « bio » dans les cantines scolaires

Martine Lignières-Cassou : Il y a un accord entre la cuisine centrale et les producteurs locaux. Fondamentalement, cela passe aussi par une éducation au goût. Il y a à Pau, un projet de création de Maison du goût, pour aller plus loin que les jardins potagers.

Cela fait 30 ans que l’on sait tout cela. On part avec dans notre besace, un certain nombre de choses irréversibles. Si on ne prend pas aujourd’hui la réelle mesure du problème, dans 20 ans on sera encore dans les déclarations de bonnes intentions.

Martine Lignières-Cassou : Certes, mais j’ai le sentiment que la prise de conscience se fait de manière très rapide. Pendant le Grenelle, il faut souligner le travail des associations qui ont mis sur la table l’ensemble des problématiques et des propositions sur lesquelles elles travaillaient depuis longtemps.

Martine Lignières-Cassou clôt le débat en proposant un débat à venir sur les enjeux du développement durable recadré à l’échelle de l’agglomération paloise.

Soirées Libre Expression: débat sur le Projet de loi de transition environnementale dit GRENELLE II

Le lundi 26 janvier 2009 à 20h45,

Salle Delacaze à Billère (face à la Mairie)

en présence de Philippe TOURTELIER, député de Rennes, membre de la commission permanente des affaires économiques, de l’environnement et du territoire.

En octobre dernier, les députés ont massivement adopté par 526 voix le projet de loi de programme de mise en œuvre des engagements du Grenelle de l’Environnement, ou « Grenelle 1 ».

Le « projet de loi de transition environnementale » dit Grenelle 2, première étape de mise en application des conclusions du Grenelle de l’environnement a été transmis au Conseil d’Etat fin octobre et devrait être discuté au Parlement au cours du premier semestre 2009. Ce texte est la traduction législative du Grenelle 1, entraînant des modifications des codes (urbanisme, environnement, etc.) et comprenant des dispositions non prévues dans la loi grenelle 1 :

Le projet de loi consacre la création d’un schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie qui se substitue aux plans régionaux pour la qualité de l’air. Dans le champ de la santé, le projet pose le principe d’une surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les lieux recevant du public ou des populations sensibles (crèches, écoles, etc.).

Concernant la lutte contre le réchauffement climatique, un plan climat territorial devra être adopté par les collectivités (Régions, Départements, communes et EPCI de plus de 50 000 habitants) avant le 31 décembre 2012.

Les questions de mobilité sont traitées par le projet de loi et se traduisent par un renforcement du lien entre ouverture à l’urbanisation et transports collectifs. Les nouvelles zones à urbaniser seront subordonnées à la présence de transports collectifs.

Afin de stopper la perte de la biodiversité sur le territoire français, la trame verte et bleue devra être articulée entre l’Etat et chaque Région qui co-élaboreront un schéma régional de cohérence écologique pour le maintien et la restauration des continuités écologiques.

Le projet de loi aborde également la question de la gouvernance. Il prévoit que les acteurs environnementaux soient représentés au conseil économique et social et oblige les collectivités à réaliser un rapport sur leur situation en matière de développement durable et à définir les orientations et programmes de nature à améliorer leur situation.

Nous comptons sur votre présence pour débattre de ce Projet de loi et nous vous prions de croire, Chère Madame, Cher Monsieur en l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

Martine LIGNIERES-CASSOU André MARIETTE

Députée des Pyrénées-Atlantiques Député suppléant

Maire de Pau

Liens entre crise écologique et renforcement des inégalités : compte rendu de la soirée 16 octobre 2008

Intervenant : Jacques Le Cacheux, Professeur agrégé en économie, enseignant à l’U.P.P.A. et à Sciences Po. Paris, chercheur en économie au centre de recherche de Sciences Po.

Introduction de Martine Lignières-Cassou, députée maire de Pau.

La crise que nous subissons, crise structurelle majeure, (épuisement des richesses naturelles non renouvelables) comporte plusieurs composantes : crise écologique, crise climatique, crise énergétique, crise alimentaire. Ces crises aggravent les inégalités sociales dans le monde. Elles devraient inciter à renouveler les modèles de production. La crise financière et la crise économique que nous subissons aujourd’hui remettront peut-être cela en question, peut-être rien ne bougera-t-il.

Intervention de Jacques Le Cacheux

Peut-on différer ces modifications ? « Le ciel ne peut attendre ».

1) Crise financière, inter-relations et conséquences

Cette crise avec récession sérieuse est aggravée par les tentations individuelles et le manque de coordination. Le système actuel encourage à vivre avec risques, pour les états comme pour les particuliers, même les plus modestes.

L’origine de la crise actuelle, ou plutôt de son amplification, date du 14 septembre 2008, avec la faillite de la banque américaine Lehman Brothers. Tous les enchaînements qui ont suivi sont dus au « chacun pour soi » et au laisser-aller…

A partir de 2001, cela s’est porté sur l’immobilier qui, ne créant pas de valeur seulement une augmentation de la rente foncière, donna une illusion de richesse qui encouragea des comportements irresponsables et dangereux.

2) Crise alimentaire.

La forte augmentation de l’offre des produits agricoles (U.S.A. et Europe) a permis de ne pas voir augmenter le nombre de mal nourris malgré la forte augmentation de la population mondiale. La politique de « dumping » a provoqué la ruine de l’agriculture locale dans de nombreux pays (exemple le riz en Afrique) entraînant une grande dépendance alimentaire pour les populations de ces pays.

Lorsque la demande augmente (pays émergents) les prix s’envolent provoquant une crise alimentaire dans ces pays. Les solutions sont de re-dynamiser les agricultures locales et de reconstituer les stocks alimentaires afin de réguler les problèmes d’offre et de demande.

3) Crises énergétique et écologique

A partir de la révolution industrielle (18° siècle), on a utilisé massivement des énergies fossiles donc non renouvelables (charbon puis pétrole). Les conséquences sont liées à la crise écologique via les émissions de CO2 qui participent au réchauffement climatique (rapport Stern accablant), via la réduction de la biodiversité etc…Bien sûr cette crise frappe surtout les régions du monde les plus pauvres (Bangladesh)

Les solutions envisagées (protocole de Kyoto) sont de réduire, à l’horizon 2020, de 20% les émissions de gaz à effet de serre et d’utiliser 20% d’énergies renouvelables. Mais ces propositions sont diversement appliquées : si l’Europe est un assez bon élève, les pays émergents et les U.S.A. n’en tiennent guère compte.

Plusieurs instruments peuvent être utilisés pour faire évoluer le modèle économique et avoir une politique de développement durable : technique de marché qui consiste à acheter les droits à polluer si ceux-ci sont suffisamment dissuasifs, fiscalité écologique (taxe carbone…).

Cependant, il existe aussi des problèmes dans l’emploi des énergies renouvelables (éoliennes, capteurs solaires, agro carburants…). On n’efface pas un modèle obsolète sans investir lourdement dans ces nouvelles technologies. Ainsi, la France qui ne l’a pas fait est très dépendante, dans ce domaine, de l’étranger.

La tentation de céder aux pressions pendant les périodes de récession est à rejeter.

« Le ciel ne peut attendre », il faut savoir que plus on attend, plus les reconversions seront coûteuses. L’exemple en est donné par l’industrie automobile américaine qui, pour avoir refusé de s’adapter est en plein marasme.

Conséquences de ces crises.

Elles renforcent les inégalités. En effet, pour la crise alimentaire par exemple, la part du budget consacrée à l’alimentation et à l’énergie est beaucoup plus importante chez les pauvres que chez les riches.

Questions, réponses et remarques

  1. A propos du réchauffement climatique : le CO2 est-il le seul coupable ? Sans doute non.
  2. Ne pourrait-on pas accélérer les recherches pour maîtriser la fusion ? Il faudra encore beaucoup de temps pour obtenir des résultats convenables.
  3. La déforestation non maîtrisée accentue la pollution par le CO2 .
  4. L’élevage des poissons peut être cause de pollutions.
  5. Ne pille-t- on pas trop notre planète ? Oui, mais on ne produit pas assez.
  6. Développement durable : est-ce un oxymore ?

Le taux de « croissance durable » reste à définir.

La réduction du niveau de vie est très difficile à gérer.

Il est impossible de laisser la planète à l’identique : on abîme mais on accumule aussi du capital humain.

Le taux de croissance défini actuellement est un mauvais indicateur (exemple Russie et Arabie Saoudite, pays riches, mais qui, en réalité, dilapident leurs richesses naturelles).

  1. Crise financière et logement social en France.

La crise immobilière n’est pas une crise d’origine française mais américaine. Le déclencheur est le mode de financement des logements aux U.S.A.

  1. Spéculation : tous les intervenants financiers spéculent.

Apparition d’instruments financiers non maîtrisés.

  1. Prix agricoles : il y a peu de rapport entre la production et les prix. Exemple : en achetant de l’eau minérale, on paie une marque et du pétrole…
  2. Crise alimentaire : un modèle insoutenable.

Conclusion : Une réglementation est très difficile à mettre en œuvre et pourtant ces crises sont un danger sérieux pour la démocratie et pour la paix.

Soiree libre expression

Avec Jacques le CACHEUX, Professeur agrégé en Economie enseignant à l’UPPA et à Sciences Po Paris, chercheur au centre de recherche en économie de Sciences Po, nous tenterons de comprendre pourquoi l’urgence sociale est désormais aussi une urgence écologique : Ce sont d’abord les populations les plus fragiles qui sont et seront lourdement touchées par l’accroissement de la dépense énergétique, un accès insuffisant à l’eau ou à une alimentation de qualité et par l’accroissement des pollutions locales de l’air et du réchauffement global.

Nous vous invitons donc à débattre sur le thème :

Lien entre crise écologique et renforcement des inégalités
jeudi 16 octobre 2008 à 20h45,
Espaces Pluriels

(Anciennement Théâtre Saragosse) 17, avenue de Saragosse à Pau

Débat : Pour une bonne « gouvernance » des territoires

Nous pensons plus que jamais qu’il est nécessaire de comprendre les mutations que nous vivons. Dans une société fragmentée, inégale, où l’intérêt collectif n’est plus “donné”, quel est le rôle du politique ?
Patrick LE GALÈS , sociologue et politiste, a développé en France la notion controversée de “gouvernance”, c’est à dire d’autres modes de pilotage politique.

Martine vous a convié à débattre avec lui ” Pour une bonne « gouvernance » des territoires Vendredi 26 octobre 2007 à Espaces Pluriels.

LIRE LE COMPTE RENDU

Journée libre expression : Le rôle de la culture dans notre société


André Mariette et Martine Lignières-Cassou vous ont invité à venir réfléchir au

Rôle de la culture dans notre société
Dimanche 11 novembre 2007
à la MJC du Laü.
>>Lire le programme
>>
Lire le compte rendu

“Faut-il brûler le modèle social français ?”

Le Monte Charge a fait salle comble vendredi 12 janvier. Le thème de la soirée libre expression organisée par Martine Lignières-Cassou et André Mariette, « Faut-il brûler le modèle social français ? » avait attiré de très nombreux participants.

Lire le compte rendu intégral

Les enjeux de l’agriculture en France et dans le monde

Le débat s’est tenu Jeudi 14 décembre au Centre Festif de Sauvagnon avec Bertrand HERVIEU, secrétaire général du Centre International de Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes et ancien Président de l’INRA, a animé ce débat.

Lire le compte rendu de la soirée

La ressource et la gestion de l’eau

Dans le cadre de l’examen à l’Assemblée Nationale du projet de loi sur l’eau et les milieux aquatiques, nous vous avions invité à un débat à ce sujet l 12 juin 2006 à Lons.

Le débat a eu lieu en présence de Monsieur Claude MIQUEU, Conseiller Général et Maire de Vic-en-Bigorre et Président de l’Institution ADOUR, Etablissement Public Territorial de Bassin. et de Monsieur Serge DAVID, Directeur Adjoint d’ARVALIS, Institut du Végétal.

LISEZ LE COMPTE RENDU DE LA SOIREE

Quelle stratégie énergétique pour le XXIe siècle ?

L’époque de l’énergie abondante et bon marché est révolue. La crise énergétique est d’autant plus menaçante qu’elle se double d’une crise climatique. Des choix vont inévitablement s’imposer, mais la période à venir peut, si nous le voulons, être l’occasion d’un développement maîtrisé

Nous en avons débattu le 24 avril 2006 à 20h30 au Théâtre du Monte-Charge en présence de Pierre RADANNE, ancien président de l’ADEME, agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Compte-rendu

Ce débat clôt le cycle de réunions publiques consacrées au développement durable, entamé en janvier 2006 par Martine LIGNIERES-CASSOU et il s’inscrit aussi dans l’actualité.

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Monsieur Pierre RADANNE, ancien Président de l’ADEME, expert indépendant qui suit les questions énergétiques depuis 30 ans, est l’auteur de Energies de ton siècle ! Des crises à la mutation aux éditions Lignes de Repères – octobre 2005.

1- LA QUESTION ÉNERGÉTIQUE AU XXIème SIÈCLE : ÉTAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES

A) Rappel sur le changement climatique : graphiques 1 et 2, émission de CO2, moteur de l’effet de serre.

La diminution de la consommation d’énergie est nécessaire si l’on veut qu’il y ait stabilisation de la température (compte tenu du développement des pays pauvres).

Le graphique 3 montre combien la consommation d’énergie est inégale : Amérique : 8 milliards de tep, Europe 3 milliards de tep). On voit donc que le mode de vie américain n’est pas généralisable.

Rappel historique : Au moment de la révolution industrielle (XIXème siècle), on pensait que le développement était illimité. Une nouvelle limite est donc apparue pour l’humanité et l’on doit prendre conscience que le climat est cogéré par l’homme et que s’impose le principe de précaution.

La négociation de Kyoto qui fixe des quotas d’émission de CO2 est une ingérence dans les politiques économiques. C’est le retour de la politique dans le mouvement de régulation qui implique la responsabilité des Etats et des comportements individuels. C’est une extension du rôle de l’O.N.U qui doit faire respecter les engagements.

B) La place du pétrole

Le premier choc pétrolier a eu lieu en 1973 (graphique 4). De 1973 à 1990; la consommation est restée stable, sauf pour les pays d’Asie (augmentation) et la Russie (diminution), mais repart à la hausse (graphique 5).

Les causes des chocs pétroliers des années 70 étaient politiques. Aujourd’hui, c’est l’offre qui est insuffisante et cela va durer. Depuis 1962, il y a baisse des découvertes de pétrole et de gaz. On consomme plus de pétrole qu’on en découvre et celui qui reste est plus difficile à extraire et donc, sera plus cher.

C) La consommation énergétique en France

En 1973, le pétrole fournissait les 2/3 de l’énergie consommée en France (graphique 7) et aujourd’hui moins de 40%. Il sert essentiellement aux transports et à la fabrication de produits industriels (graphiques 8, 9 et 10). La croissance économique de 1973 à 1985 a été de 73% et celle de la consommation d’énergie par habitant de 4,8%. Il y a donc de meilleurs rendements et des économies d’énergie (graphiques 11, 12 et 13).

Exemple : On constate que pour le chauffage d’une maison neuve, il fallait en 1974, 200 KWatt/heure par m2. On a aujourd’hui une économie de 60% avec une consommation de 80 KWatt/heure par m2, l’objectif étant de réaliser une économie de 85%.

2- QUELQUES SOLUTIONS

A) Les transports

Il faudrait prévoir des directives sur la vitesse de pointe des voitures.

Inventer ou développer la construction de nouveaux types de véhicules comme les voitures électriques. Par contre, il n’y a pas d’alternatives proposées pour les transports aériens et maritimes. On peut cependant remplacer certaines liaisons aériennes par des liaisons par le train.

B) Le nucléaire

Le nucléaire, dont l’utilisation a été provoquée par les chocs pétroliers, fournit aujourd’hui 108 M de tep alors que le pétrole produit 94 M de tep. Se posent toutefois les problèmes essentiels de sécurité et de traitement des déchets (graphique 17).

C) Donner la priorité à la politique énergétique, desserrer certaines contraintes, favoriser les énergies renouvelables (graphiques 8 et 14), qui représentent en France un très faible pourcentage.

D) Priorité de 2ème rang : responsabiliser les utilisateurs.

3- CONCLUSION

Il faut un investissement éducatif pour favoriser une prise de conscience des enjeux. Ainsi, on développera l’aspect personnel afin d’arriver à un équilibre entre sa recherche personnelle et un volume admissible. Une réflexion sur le mode de vie européen s’impose afin de faire converger les modes de vie entre nord et sud.

lire le compte rendu

Loi sur le handicap : des progrès à accomplir …

Martine Lignières-Cassou a organisé le vendredi 7 avril dernier une réunion sur la loi relative à l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées.

Des personnes handicapées et parents d’enfants handicapés étaient présent, comme de nombreuses associations, ainsi que des institutions: Mairie de Pau, ADAPEI, I.M.E Castel de Navarre, CCAS de Jurançon, C.I.A.P.A.

Parmi les sujets abordés, la nécessité de prévoir systématiquement du sous-titrage à la télévision même pour les films en Français. Il existe aussi des transcriptions écrites pour le téléphone, en Angleterre et aux U.S.A.

Autre problème : Les maladies rares et orphelines sont soumises au bon vouloir des médecins-conseils pour êtres reconnues comme handicap.

A été évoqué également le problème de la mise en œuvre de la loi dans le choix qu’ont les personnes handicapées entre l’ACTP (Allocation compensatrice pour tierce personne) ou la Prestation de compensation

La suggestion a été faite de développer des appartements en centre ville avec des services communs pour des adolescents (devenant adultes) déficients mentaux autonomes (mais nécessitant une surveillance minimale).Cela permettrait de libérer des places en établissement et également de faire avancer les listes d’attente dans les structures.

Par ailleurs, est indispensable de simplifier les circuits et les formalités administratives.

Demandez à la permanence martine.lignieres-cassou@wanadoo.fr ou 05 59 82 20 80 le compte rendu complet de la réunion et les cordonnées des associations.

Cycle de rencontres sur le Développement durable - le réchauffement climatique.

La soirée libre expression du vendredi 10 mars 2006 à l’Université de Pau était animée par Jean Jouzel, directeur de l’Institut Pierre Simon, Directeur de recherche au CEA, Président de l’Institut Polaire Paul Emile Victor. Lisez le compte rendu de la soirée

Soirée libre expression sur les OGM

Retrouvez le compte rendu du débat du 23 février 2006 au centre festif de Sauvagnon.

Cette soirée était organisée en présence de Pierre COHEN, Député de Haute-Garonne, Membre de la mission parlementaire d’information sur les enjeux des essais et de l’utilisation des organismes génétiquement modifiés.

Avec la participation également de Pierre-Benoît JOLY, chercheur à l’Institut National de la recherche Agronomique (INRA).

Lisez le compte rendu de la soirée libre expression sur les OGM

Cycle de rencontres sur le Développement durable

Bilan de la Conférence de Montréal : quel devenir pour notre planète ?

Joseph Racaré, chargé de mission à la mission interministérielle sur l’effet de serre a été l’invité de la première soirée consacrée au bilan de la conférence de Montréal sur le changement climatique et sur le suivi du Protocole de Kyoto.

Lisez le compte rendu:

Compte rendu de la soirée sur le développement durable

Groupe de travail sur la mondialisation

Retrouvez le compte rendu de l’atelier du 16 décembre dernier et la note de Suzanne Berger.

Compte rendu de l’atelier sur la mondialisation
Compte rendu de la contribution du professeur Suzanne Berger

La Gauche et la mondialisation

La Gauche et la mondialisation

L’ Après-midi Libre Expression sur le thème :” Y a-t-il un avenir pour la gauche dans la mondialisation ?” a eu lieu samedi 10 septembre 2005.

Jacques Le Cacheux, professeur d’économie à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour a animé les débats. Il faut donner une suite concrète aux échanges riches que nous avons eus et c’est pourquoi sera prochainement créé un groupe de travail consacré à cette problématique.

  • Intervention de Jacques LE CACHEUX

La mondialisation n’est pas un phénomène nouveau. On pourrait remonter très loin dans l’histoire (grands empires).

Il est intéressant de faire le parallèle entre ce qui se passe aujourd’hui et la fin du XIXème siècle en examinant plusieurs facteurs. La mondialisation résulte en effet du développement du capitalisme marchand (marchandisation de l’économie, extension économique de son champ).

On peut dire que la première vague de la mondialisation économique et financière se situe entre 1870 et 1914 ce qui n’a pas empêché l’élaboration de l’Etat-Nation et l’émergence de la protection sociale.

A- Les facteurs déterminants

le facteur démographique

En 1870 il y avait environ 1 milliard d’individus contre 6,5 milliards aujourd’hui. De nos jours, comme en 1870, on a un groupe de pays au niveau de vie plus élevé que celui du reste de la planète avec un début de vieillissement démographique, malgré une forte expansion causée par la baisse de la mortalité. La transition démographique est enclenchée, la durée de vie augmente, la fécondité commence à diminuer.

Au XIXème siècle, l’Europe exporte capital et population (10% de la population européenne entre 1880 et 1920, sauf en France), construisant un empire colonial, forme particulière de mondialisation, se tournant vers le nouveau monde et devient une économie rentière.

Au XXème siècle, on assiste à une explosion démographique sauf en Europe, qui ne représente plus que 10% de la population mondiale qui elle, a doublé. La France elle, représente moins de 1% de la population mondiale ! La population de l’Asie pèse lourd. La Chine, à cause du contrôle des naissances, vieillira avant l’Inde.

Il ne faut pas exclure des phénomènes qui, comme par le passé, réduisent la population : Le Sida aujourd’hui, la peste au Moyen-Âge, les guerres…

les facteurs technologiques

On peut citer le télégraphe, les câbles sous-marins, internet aujourd’hui, qui ont contribué à mondialiser la finance, les moyens de transport et de conservation qui ont considérablement modifié l’économie :

Au XIXème siècle, la mondialisation et la concurrence des marchés concernaient Les Etats-Unis, la Russie et l’Argentine, aujourd’hui elles concernent la Chine.

Autres facteurs déterminants : les sources d’énergie et le coût des transports

Les sources d’énergie sont des lieux stratégiques : charbon, pétrole… Au XIXème siècle, la localisation des sources d’énergie était européenne, aujourd’hui elle est largement extérieure.

B- Caractéristiques de la mondialisation et conséquences

Le salariat s’est développé au XIXème siècle. Le nationalisme économique après 1914 a conduit au protectionnisme et aux conquêtes sociales (protection sociale). Il a duré de la première guerre mondiale jusqu’après les trente glorieuses, période de reconstruction et donc de croissance économique.

Aujourd’hui, l’Europe, continent vieillissant, a un excès d’épargne et de capital. La mondialisation résulte de ce besoin d’exporter du capital vers des pays possédant de la main d’œuvre (Maghreb, Chine). Cet échange profite aux consommateurs mais peut menacer les producteurs. Cela peut favoriser la spécialisation, phénomène de destruction créatrice.

L’important est la progression du niveau de vie. La délocalisation n’est un problème que si l’entreprise délocalisée n’est pas remplacée. La difficulté est de maintenir l’emploi et la croissance du niveau de vie dans le modèle social européen où les inégalités sont contenues en conservant les solidarités sociales.

Conclusion

“Le modèle social européen” actuel a été inventé au XIXème siècle (Bismark en Allemagne, Caillaux en 1914 en France a créé le système fiscal moderne), pour lutter contre la montée du socialisme et sauvant ainsi le capitalisme européen.

Il faut aujourd’hui relever un défi similaire en ne se contentant pas d’inventer des technologies nouvelles. Il faut relancer notre système mais l’Europe pour financer son modèle social a besoin de croissance. Au début du XXème siècle, on disait l’Europe finie face aux Etats-Unis or, elle s’est relancée avec d’importantes inventions. Aujourd’hui, il faut retrouver des avantages comparatifs et des spécialisations porteuses. C’est à ce prix que la mondialisation ne sera plus seulement perçue de façon négative. Il faut réinventer un système d’échanges “gagnant-gagnant” dans lequel l’économie de chaque pays trouverait sa place.

  • Débat avec la salle

Au cours du débat, diverses questions ont été abordées. M LE CACHEUX, à la suite de l’intervention d’une participante, a précisé qu’il avait présenté une analyse économique de la situation mondiale et non un point de vue personnel et des solutions aux problèmes posés.

- Le protectionnisme est-il possible? efficace?

Les échanges sont inévitables (ex : le nucléaire) et seule une protection partielle et ciblée est possible.

- Le patriotisme économique et le rôle des fonds de pension (40% de la capitalisation boursière en France appartient aux fonds de pension).

Le patriotisme économique n’a pas de sens puisqu’on retrouve des capitaux français dans des entreprises étrangères (TOTAL par exemple).

Coûts sociaux liés aux transformations de l’économie

Cela nécessite de la croissance. Par exemple, le coût de l’exode rural a été relativement faible car il s’est passé en période de croissance.

Vieillissement de la population et nécessité d’une immigration

Il vaut mieux investir dans les pays pour que les gens puissent vivre chez eux. Il peut cependant y avoir un mélange des deux. Il faut se méfier de l’angélisme et essayer de ne pas penser à la place des autres.

Concurrence fiscale dans les pays d’Europe

Il faudrait une harmonisation fiscale européenne.

Autres questions abordées

Démocratie mondiale (OMC, banque mondiale, FMI) , élargissement de l’Europe, frontières (la question de la Pologne par exemple). Ces questions mériteraient à elles seules un débat.

Soirée Libre expression : Le vote du 29 mai

Il est encore trop tôt pour connaître les conséquences du vote du dimanche 29 mai en France et du mercredi 1er juin aux Pays-Bas sur l’évolution de l’Union européenne. Le processus de ratification ira-t-il jusqu’au bout? La construction de l’Europe politique est-elle mort-née?

Pour analyser ces fractures, Martine a invité lors d’une soirée libre expression le 23 juin 2005, Monsieur Hervé Le Bras, démographe et directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et à l’Institut National d’Etudes Démographiques.

LIRE LE COMPTE-RENDU

Le travail social et la transformation sociale en débat à Pau

Journée de réflexion du samedi 19 mars 2005 au Centre Social de la Pépinière à Pau

Avec la participation de Philippe Cholet, adjoint de direction au pôle solidarité, proximité et insertion du CCAS de Besançon.

Médias et éducation (11 février 2005)

Conférence d’Edith Rémond, Enseignante à l’IUT de journalisme de Bordeaux et Ancienne directrice de cet établissement. 11 février 2005.

Analyse et débat autour de la thèse qui fait de la presse « le 4ème pouvoir ».

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